Prévisualiser...  Imprimer...  Imprimer la page...
Prévisualiser...  Imprimer...  Imprimer la section...

LE PREMIER SOLDAT FRANÇAIS TOMBÉ FACE À L'ENNEMI EN 1914

Le samedi 1er août de l'année 1914, à 4 heures, fut décrétée la mobilisation générale. Afin de prévenir tout conflit qui aurait pu servir de prétexte à l'Allemagne pour déclarer la guerre, ordre avait été donné à nos troupes de se retirer à 10 kilomètres de la frontière.

Le dimanche 2 août, le caporal André Peugeot, avec quatre hommes, se trouvait à Joncherez, petit village à 2 kilomètres de Delle. Vers 10 heures du matin, il entendit une jeune fille crier.: "Les Prussiens.! Voilà les Prussiens.!" Et il aperçut un officier allemand suivi de quelques cavaliers qui chevauchaient entre deux champs de blé. Le caporal Peugeot s'avança pour l'arrêter, la guerre n'étant pas déclarée. Mais le lieutenant Mayer, du 5ème chasseurs à cheval en garnison à Mulhouse, saisissant son revolver, par trois fois tira. Une balle atteignit Peugeot et le transperça. L'héroïque soldat, domptant sa douleur, épaula son fusil, et l'officier allemand, mortellement atteint, tomba de son cheval. Dans un effort suprême, Peugeot essaya de faire quelques pas, mais, sans un cri, il s'affaissa. Peugeot fut porté à l'ordre de son régiment "pour avoir arrêté et dispersé la première patrouille allemande qui violait le territoire français".

André Peugeot était né à Etupes (Doubs), le 11 juin 1893. Il avait embrassé la noble carrière de sa mère qui était institutrice de ce village.
 

14-18-andre-peugeot.jpg

`Le caporal André Peugeot.

Le mardi 4 août, à 2 heures de l'après-midi, M. le pasteur Poivez présidait dans le temple protestant d'Etupes le service funèbre du jeune soldat. "Ce même jour et à la même heure, a écrit M. Frank Puaux, dans l'Intermédiaire des chercheurs et curieux, M. Viviani, président du Conseil, montait à la tribune de la Chambre des députés et annonçait que l'ambassadeur d'Allemagne lui avait remis, la veille, la déclaration de guerre. N'étant pas encore informé, M. Viviani n'avait, pu dire qu'au moment même où il parlait, se célébraient les funérailles du brave caporal Peugeot, victime de la plus criminelle des violation de la frontière française, acte qui, à lui seul, aurait autorisé la France à déclarer la guerre à l'Allemagne dès le dimanche 2 août 1914."

-----
Source : "L'Illustration" 11 mars 1916, document fourni par Livio Dalle-Grave.
 




Réactions à cet article

Personne n'a encore laissé de commentaire.
Soyez donc le premier !

booked.net
+23
°
C
+23°
+19°
Fumel
Lundi, 02
Free counters! MENTIONS LEGALES